Qu'est-ce que le Sambo ?

Le SAMBO est un système d'autodéfense et de combat sportif fondé à partir de diverses formes de luttes nationales des républiques de l'ex-URSS et de systèmes d'autodéfense étrangers.

Des luttes nationales millénaires

Les populations de l'ex-URSS avaient depuis des siècles recours à l'habillement pour saisir et porter des prises, qui, de ce fait, étaient déjà proches de styles comparables comme la Lutte Bretonne ou le JUDO. Le SAMBO moderne est issu, entre autres :

La militarisation du sport soviétique

Favorisé par un contexte où la culture physique et le sport furent mis au service de l'entraînement militaire général et de la préparation au combat contre les ennemis de la jeune République soviétique, le SAMBO connaît un essor rapide tout en restant confidentiel aux yeux de l'Occident. En 1918, sur ordre de Lénine, est créé le VSEVOBUCH (Instruction Militaire Générale). Cette organisation de préparation de l'Armée rouge fut la première étape de développement du SAMBO soviétique. Elle marque le commencement d'une véritable militarisation du sport en Union Soviétique : des clubs sportifs sont créés dans les usines, les dépôts de chemin de fer et les mines du pays. Le Komsomol (organisation des activités de la jeunesse) joue un rôle très important : cet organisme forme des cellules de jeunes au combat à mains nues dans des centres paramilitaires.

Trois fondateurs

Les arts martiaux traditionnels possèdent habituellement un seul fondateur historique. Le SAMBO, sport de synthèse, revendique au moins trois experts russes fondateurs — aucun ne fut jamais qualifié de « maître » au sens oriental du terme, et les informations à leur sujet sont rares et parfois contradictoires.

Viktor Spiridonov

Le premier de ces « experts » reconnu historiquement est Spiridonov, considéré comme le plus ancien promoteur soviétique du SAMBO. Officier russe du début du siècle, blessé pendant la Première Guerre mondiale, il reprend du service après la Révolution d'Octobre. En 1919, il travaille à la direction principale des blindés de l'Armée rouge, puis devient instructeur d'autodéfense à Moscou. Il a influencé la forme martiale du SAMBO, d'abord réservée aux troupes spéciales : c'est le « Système SAM » (SAMOZASHITA), dont l'efficacité est le critère principal. Spiridonov sillonne l'Europe et sélectionne les meilleures techniques de boxe anglaise, de boxe française, du combat corps à corps de l'armée et du JU JUTSU. Il supprime les attaques sur les points vitaux de ce dernier système, car l'habillement épais des Russes les rend inopérantes. Dès les années 20, il commence son enseignement auprès du cours des instructeurs de sport et de préparation militaire de Moscou. Toutes les années précédant la Seconde Guerre Mondiale, il administre le SAMBO au Dynamo Club, géré par l'Armée rouge. Dans son enseignement pratique, il introduit les techniques d'actions — formes d'enchaînements libres privilégiant les combinaisons techniques. Il disparaît peu avant la Seconde Guerre mondiale.

Vasili Oschepkov

Oschepkov reprend le travail de Spiridonov dans une version sportive. Né à Sakhaline en 1895 et orphelin, il est placé à la mission catholique orthodoxe St-Nicolas, au Japon. En 1913, c'est le premier Russe à obtenir la ceinture noire de JUDO des mains de Jigoro Kano. À son retour en URSS, il veut européaniser le JUDO. Avec un groupe de spécialistes des luttes d'URSS, il complète la « Lutte libre » qui préfigure le SAMBO sportif actuel. Oschepkov diffuse largement le nouveau style, qui se popularise dans les instituts sportifs des grandes villes comme Moscou et Leningrad. Il reprend les traditions vestimentaires et techniques des styles traditionnels et dote ses lutteurs d'une solide veste, très près du corps, maintenue par une ceinture : c'est lui qui abandonne le kimono traditionnel au profit des vestes spéciales de SAMBO (Kurka) et de shorts sportifs (Trusi), et qui introduit l'usage des chaussures de SAMBO en cuir à semelle souple.

Anatoli Kharlampiev

Kharlampiev est le troisième promoteur important du SAMBO. Né dans la famille d'un pionnier de la boxe russe, instructeur de culture physique dès 16 ans, il étudie les diverses formes de luttes nationales et internationales. Après la Seconde Guerre Mondiale, à laquelle il a participé, il travaille pendant de longues années au Dynamo Club de Moscou, où il organise un large réseau d'enseignement des techniques d'autodéfense pour les troupes des Affaires Intérieures, et met au point la progression technique de sections sportives importantes. Il enrichit les recherches de Spiridonov et d'Oschepkov et réalise la synthèse de leurs travaux.

Reconnaissance officielle et guerre

En 1938 a lieu la première rencontre des professeurs et enseignants de SAMBO de toute l'Union Soviétique. Le 16 novembre de la même année, le Comité du Sport et de la Culture physique officialise par un rapport l'existence du SAMBO, synthèse des diverses formes populaires. Le SAMBO se diffuse alors dans les grandes villes comme Moscou, Leningrad, Kharkov, Bakou et Saratov. Un an plus tard se tient le premier championnat national — 56 athlètes — à Leningrad, remporté notamment par Tchoumakov, figure marquante de l'époque.

La Seconde Guerre Mondiale éclate : des détachements spéciaux de sportifs sont créés en URSS. Les Samboïstes présents dans les rangs de l'Armée rouge assurent la préparation des éclaireurs et de l'infanterie. L'Institut Lesgaft envoie 316 « étudiants » entraînés au combat sans armes (système SAM) dans les lignes allemandes pour des missions de sabotage — le succès est tel que l'Institut est décoré en 1944 de l'Ordre du drapeau Rouge. Entre 1941 et 1942, 31 000 instructeurs au combat corps à corps sont formés dans l'urgence au système SAM, dans les bases arrières du Kazakhstan.

De la guerre froide à la reconnaissance mondiale

La Deuxième Guerre achevée, de nombreux Samboïstes sont envoyés dans les autres pays de l'Est pour diffuser le SAMBO — c'est en Bulgarie que se constituera la plus brillante école. La tension du rideau de fer rendant les informations rares dans les années 50, la diffusion du SAMBO reste faible en Occident. À partir de 1947 en URSS, les compétitions de SAMBO ont régulièrement lieu en individuel, et par équipes en 1949. Les autorités soviétiques sont partagées entre le désir de développer le SAMBO sur le plan mondial et l'impératif de discrétion absolue concernant le SAMBO d'autodéfense.

Peu après les années 50, les Samboïstes empruntent quelques aspects des méthodes d'entraînement des judokas, comme la répétition technique et les RANDORI souples. Dès le début des années 60, les Japonais sont parmi les premiers à créer une Fédération de SAMBO dans leur pays, qui organise des championnats nationaux et participe aux rencontres internationales.

Le corps à corps et les soumissions du sambo enrichissent le Sôgô Budô Ju Jutsu.

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